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Des ateliers internationaux montrent comment la cartographie communautaire peut aider à la gestion durable des forêts

lundi 15 janvier 2018

En novembre et décembre 2017, RFUK a facilité des ateliers de formation et d’échanges sur les approches participatives et la cartographie participative applicable aux forêts communautaires dans trois pays du bassin du Congo. Les participants sont venus de la République du Congo, le Gabon, et la République Centrafricaine (RCA).

La série d'ateliers s'est déroulée à Brazzaville (Congo), Libreville (Gabon) et Bangui (RCA). Il était organisé dans le cadre d'un projet international, appuye par le Département Britannique pour le Développement International (DFID). En tout, 58 personnes, issues de la société civile et des ministères en charge des forêts, des ressources naturelles, de la planification et de l'utilisation des terres, ont participé à ces ateliers de 3 à 5 jours.

Les ateliers avaient pour objectifs de sensibiliser les participants aux approches participatives de manière générale, et de les informer sur la théorie et la pratique de la cartographie participative, afin notamment de faciliter l’utilisation des cartes communautaires pour la prise de décisions concernant la gestion des ressources naturelles, en particulier les décisions relatives à l'attribution et la gestion des forêts communautaires.

« En tant que cadre du ministère, je suis appelé à faciliter l’implantation de sociétés forestières  Le plus souvent, ce travail ne prend pas en compte, ou que partiellement, les besoins des populations riveraines, » a dit Julien Yanguere, Cadre du Ministère en charge des forêts en République Centrafricaine. « Cet atelier est pour moi l’occasion de pouvoir remédier à cela. J’ai été doté des outils nécessaires, et je ferai des propositions à ma hiérarchie, pour que ces communautés puissent participer à la prise de décisions. »

L’enjeu des forêts communautaires est de permettre aux communautés intéressées de sécuriser des droits de propriété sur les ressources forestières présentes sur leur territoire coutumier, tout en valorisant leurs savoirs, leurs connaissances et leurs modes de gestion traditionnelles, afin qu’elles puissent devenir des acteurs autonomes de leur développement économique. Accompagner les communautés dans la réalisation de leurs cartes est l’une des étapes essentielles du processus d’attribution des forêts communautaires. 

En 2011, RFUK a lancé la plateforme MappingForRights, qui constitue une base de données de cartographie (occupation des terres et utilisation des ressources forestières) collectées par des milliers de cartographes communautaires formés à cet effet. Aujourd'hui, MappingForRights contient des informations sur 900 communautés à travers le bassin du Congo qui représentent plus de cinq millions d'hectares de forêts tropicales.

Comme l'explique Marjolaine Pichon, Coordonnatrice RCA chez RFUK : « Au cours de la dernière décennie, notre initiative MappingForRights a permis de montrer non seulement l'étendue de l'utilisation des terres communautaires dans le bassin du Congo, mais aussi le niveau de connaissances et d'expertise dont disposent ces communautés en matière de gestion de leurs terres et de leurs ressources naturelles. La cartographie participative est ainsi parfaitement adaptée pour soutenir l'attribution de forêts communautaires légalement reconnues dans la région ».

Chaque communauté aura des défis, priorités et pratiques traditionnelles différentes. Il est par ailleurs essentiel que les procédures administratives, notamment celles relatives au processus de demande d’attribution de forêts communautaires, soient simples et flexibles, afin d’être accessibles au plus grand nombre.

L’expérience de la foresterie communautaire dans certains pays – tel que le Cameroun – démontre que la complexité des approches et la mise en place de procédures longues et coûteuses, peuvent non seulement constituer des obstacles insurmontables pour des communautés locales et autochtones vivant dans des zones reculées, mais peuvent aussi avoir un impact potentiellement négatif. Les échanges au cours de ces ateliers ont aussi permis de mettre en évidence que toute initiative au bénéfice des communautés locales et autochtones doit avant tout reposer sur les réalités coutumières et traditionnelles de ces communautés.

Pour plus d'informations sur notre project en RCA, cliquez ici.

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