RÉSUMÉ

Notre travail en République centrafricaine (RCA) vise à promouvoir des modèles viables de gestion communautaire des forêts, qui accordent une attention particulière aux droits des groupes marginalisés tels que les populations autochtones.

L’objectif général du projet est de contribuer au développement d’une foresterie communautaire durable et équitable, ainsi qu’à l’amélioration de la gouvernance et des moyens de subsistance des communautés forestières en RCA.

LE CONTEXTE

La République centrafricaine (RCA) dispose d’environ cinq millions d’hectares de forêt tropicale dans le sud-ouest du pays, et presque l’intégralité de ce massif est attribuée à des concessions d’exploitation forestière, et/ou à des aires strictement protégées ; tandis que les droits coutumiers des populations locales sur leurs terres ancestrales, y compris ceux des peuples autochtones Bayaka, ne sont pas reconnus, ce qui conduit parfois à des déplacements forcés et autres violations des droits humains.

Des dispositions relatives aux forêts communautaires ont été intégrées dans le Code forestier de 2008. En décembre 2015, la cheffe de l'État de la transition a signé un décret autorisant la gestion communautaire des forêts, mais des réformes politiques et légales demeurent nécessaires pour que les communautés locales et autochtones du sud-ouest soient légalement en mesure de revendiquer la propriété collective des ressources forestières présentes sur leurs terres coutumières. Ceci représente un facteur clé pour la préservation de leurs moyens de subsistance et pour concevoir leur propre modèle de développement.

NOTRE TRAVAIL

Avec le soutien de nos bailleurs (voir ci-dessous), la Rainforest Foundation fournit un appui multiforme aux communautés locales et autochtones, notamment afin qu’elles puissent mieux comprendre les lois en vigueur et  soumettre des dossiers de demande d’attribution de forêts communautaires, en vue d’obtenir une reconnaissance légale de leurs droits de propriété sur les ressources qu’elles utilisent coutumièrement.

En collaboration avec une plateforme d’organisations de la société civile, la RFUK a documenté les leçons tirées d’expériences de forêts communautaires pilotes, et anime un dialogue national pour réviser le cadre légal et développer des initiatives innovantes liées à la foresterie communautaire dans le sud-ouest de la RCA, dans un contexte difficile où les terres forestières ont été affectées à d’autres usages.

Dans le but de garantir la durabilité du processus de foresterie communautaire au niveau national, nous renforçons également les capacités de l’administration forestière centrafricaine, ainsi que celles de la société civile, afin qu’elles puissent jouer leur rôle de premier plan dans l’appui aux communautés souhaitant sécuriser leurs droits.

Nous encourageons aussi la société civile à s’impliquer dans le processus de réforme foncière, afin que les droits fonciers des populations autochtones et des communautés locales soient pleinement reconnus et respectés, conformément aux normes internationales telles que la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) relative aux « peuples indigènes et tribaux » (1989), ratifiée par la RCA en 2010.

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À PROPOS

Un nombre grandissant d’études1 tend à démontrer que la reconnaissance formelle des droits coutumiers des communautés forestières, y compris de leurs droits fonciers, est l’une des meilleures stratégies pour protéger efficacement les forêts tout en luttant contre la pauvreté. Cette stratégie est en cours d’expérimentation en République Centrafricaine (RCA), où une première « forêt communautaire » a été attribuée, en avril 2019, aux villages de Moloukou, Moalé, et Lokombé, dans le massif forestier du sud-ouest, reconnaissant ainsi leurs droits de gestion sur environ 15 000 hectares de la forêt de Lomba.

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