RÉSUMÉ

La déforestation constitue l’un des éléments qui contribue le plus à l’émission de gaz à effet de serre au niveau mondial. C’est pourquoi il est essentiel d’apporter des solutions durables à cette question.

Cependant, de récentes tentatives pour lutter contre la déforestation à travers des systèmes de compensation des émissions de carbone, tels que le programme REDD (réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) peuvent encourager de façon perverse les gouvernements à ignorer ou à nier les droits des populations forestières sur les terres et les ressources.

LE CONTEXTE

Les forêts tropicales à travers le monde jouent un rôle essentiel pour préserver les moyens d’existence et la vie des communautés locales. Elles sont aussi indispensables pour empêcher des changements climatiques catastrophiques. À l’échelle planétaire, la déforestation contribue à environ 10 % des émissions anthropiques de carbone, et le taux le plus élevé de déforestation se trouve dans les Tropiques.

C’est en 2005 que le concept de REDD – dont le but est de réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts – a été abordé pour la première fois au niveau international. Il est devenu l’une des questions les plus controversées dans le débat portant sur l’atténuation des effets du changement climatique.

nos travaux

Au fil des années, la RFUK s’est exprimée à plusieurs reprises en faveur d’une approche scientifique de la réduction de la déforestation, qui garantisse le respect des droits des communautés forestières. En mettant principalement l’accent sur le bassin du Congo, nous nous engageons continuellement auprès des décideurs en partageant nos décennies d’expérience et l’étendue de notre expertise technique.

Parmi nos réalisations, on peut citer :

  • En 2017, notre analyse des documents relatifs au garanties et des plans de partage des bénéfices du programme phare REDD+ de la RDC portant sur 12 millions d’hectares de forêts dans la province de Mai-Ndombe a mis en garde les autorités congolaises, la Banque mondiale et d’autres grands investisseurs sur les graves lacunes que présentait le programme. Notre démarche a retardé l’approbation du programme, sous réserve d’améliorations.
  • En juillet 2017, nous avons alerté la communauté internationale sur les impacts environnementaux potentiels de l’octroi de nouvelles concessions forestières en RDC, en attirant tout particulièrement l’attention sur la vulnérabilité des tourbières riches en carbone que recèle ce pays. Le besoin de protéger les tourbières forestières a ensuite été évoqué lors de la conférence sur le climat COP23 des Nations Unies.
  • Nos recherches ont mis en exergue les carences de l’analyse qui sous-tend les principes économiques de REDD et elles ont souligné le coût réel de la mise en œuvre des projets REDD comme moyen de lutte contre le changement climatique.
  • RFUK a joué un rôle décisif dans l’établissement du Caucus d’Accra – un éminent réseau qui regroupe une centaine d’organisations de peuples autochtones et de la société civile du nord et du sud représentant 38 pays qui travaillent sur les questions liées aux forêts et aux changements climatiques. Le Caucus a œuvré pour mettre les droits des peuples autochtones et des communautés forestières au cœur des négociations internationales sur REDD.
  • Nous avons réussi à plaider en faveur d’une nouvelle législation sur la foresterie communautaire en RDC en 2014 et 2016 – créant ainsi une base possible pour permettre aux communautés forestières de se mobiliser directement dans les efforts de réduction des émissions.
  • En 2016, notre programme MappingForRights/Cartographie pour les droits a remporté le prix prestigieux de la CCNUCC Élan pour le Changement qui récompense les solutions innovantes et modulaires pour lutter contre le changement climatique.

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À PROPOS

La tenure forestière et la cartographie des ressources par les communautés locales du Mai Ndombe fournissent une image très détaillée et complète des revendications et des usages coutumiers qui sont susceptibles de s’étendre dans toute la province. Les résultats, que les utilisateurs autorisés peuvent consulter sur MappingForRights, ont des incidences majeures sur le programme phare juridictionnel de la REDD+ en RDC, et notamment en termes de droits fonciers, de gestions des terres et de distribution des bénéfices provenant des activités de réduction des émissions.

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